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David

  • Photo du rédacteur: Sandrine Thériot
    Sandrine Thériot
  • 30 mars
  • 2 min de lecture

Je souhaite partager avec vous cette expérience avec David.


Il y a plus de vingt-cinq ans, et pendant quelques mois, j’ai accompagné bénévolement ce petit garçon autiste qui parlait très peu, ne me regardait jamais. Il se passionnait pour les tickets de bus qu’il collectionnait. Il était l’ainé d’une fratrie de trois enfants. Il vivait avec ses parents dans un petit appartement du 18ème arrondissement de Paris. Sur liste d’attente, ils espéraient patiemment d’en obtenir un plus grand, avec un nombre de chambres plus adéquat. Entre leur travail, leurs trois enfants dont un si différent, la vie de ce couple n’était pas toujours simple.


Ma mission était de récupérer David à son école ou à son domicile, pour l’amener à son rendez-vous hebdomadaire avec son orthophoniste, puis de le raccompagner  chez lui. Rien de compliqué en soi et pourtant. Marcher dans la rue, prendre le bus, patienter dans une salle d’attente, tout ça peut sembler anodin, ça l’était beaucoup moins pour un enfant comme lui. Je craignais souvent une crise  et un refus d’avancer, de monter dans le bus pour une raison X ou Y, même si le trajet était toujours identique, pas de nouveauté, pas de changement de trottoir.

Je lui parlais, je lui ramenais des tickets supplémentaires. Nous marchions côte à côte avec cette impression d’indifférence de la part de ce petit bonhomme. Et c’était OK. Il acceptait de me suivre, je soulageais l’emploi du temps des parents et j’aimais ces petits moments passés avec lui.


Un jour, alors que nous attendions le bus, David me prit dans ses bras. Ce fut bref, intense et si inattendu. Lui qui ne croisait jamais mon regard, qui ne m’adressait pas la parole. Ce câlin fut synonyme de tant de choses pour moi. Imaginez mon émotion ! Après cet instant de partage impromptu, David reprit le comptage de ses tickets de bus, sans un mot, sans un regard. J’étais tellement fière, si heureuse de cette connexion magique de quelques secondes.

Ce moment est gravé dans ma mémoire tout comme sa petite voix cassée lorsqu’il prononçait le mot « ticket ».



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